Juin 04

Histoire

Fondation

En 1922, des immigrés de diverses obédiences – communistes, socialistes du Bund, Poalei-tsion de gauche – créent la Kultur-lige (ligue culturelle), au sein de laquelle ils ouvrent une bibliothèque. En 1925, les communistes prennent le contrôle de la Kultur-lige. Les bundistes créent alors leur organisation propre : le Arbeter-klub oyfn nomen Vladimir Medem (Club des travailleurs Vladimir Medem), également appelé Medem-farband (Union Medem), du nom de l’idéologue du Bund.

En février 1929, huit jeunes immigrés d’Europe orientale, adhérents du Medem-farband, créent une nouvelle bibliothèque : la Nomberg-bibliotek baym Medem-farband (bibliothèque Nomberg au sein de l’Union Medem), du nom de l’écrivain yiddish Hersh-Dovid Nomberg (1876-1927). Elle est tout d’abord installée au 50, rue des Francs-Bourgeois, dans le 3e arrondissement de Paris.

Pour recueillir les fonds nécessaires à sa création, une soirée avait été organisée fin 1928, à laquelle avaient participé les écrivains Dovid Eynhorn, Sholem Ash, Zalman Shneour et Perets Hirshbeyn.

En 1932, le mouvement, qui a créé peu avant l’Arbeter-ring, société de secours mutuel, s’installe au 110, rue Vieille-du-Temple, toujours dans le 3e arrondissement.

En 1939, Paris compte six bibliothèques yiddish.

Durant l’Occupation

Après l’occupation de Paris en juin 1940, et la promulgation par le régime de Vichy du statut des Juifs en octobre 1940, l’urgence est moins à la lecture qu’à la dispense de secours. Une cantine offre, dans les locaux du Bund, des repas gratuits. Après la rafle des 16 et 17 juillet 1942, de nombreux Juifs immigrés quittent Paris.

À l’automne 1942, la Gestapo visite les locaux de la rue Vieille-du-Temple. Dans la salle de la bibliothèque, sont entreposées des boîtes de conserve qui bloquent l’accès des armoires. Les Allemands promettent de revenir un jour prochain pour terminer la perquisition. Dans l’urgence, Nathan Shachnovsky, un des seuls militants restés à Paris, et son épouse, descendent les livres au deuxième sous-sol avec l’aide du concierge de l’immeuble. Les 3 000 livres ont ainsi échappé à la confiscation.

À la Libération

La Bibliothèque rouvre le samedi 14 octobre 1944. Deux des fondateurs, Leyb Tabacznik et Eli Sviranski, ont été assassinés en déportation.

Le Medem-farband n’existe plus. Subsiste l’Arbeter-ring (connu en français sous le nom de Cercle amical de secours mutuel), dont les activités idéologiques se doublent plus que jamais d’une fonction de secours mutuel. Les plus fervents bundistes souhaitent maintenir le nom de Vladimir Medem : la Bibliothèque prend alors le nom de Medem-bibliotek baym Arbeter-ring (Bibliothèque Medem auprès du Cercle amical).

Les années 1970 marquent une transition. Au fil des ans, du fait de l’assimilation linguistique et de la faiblesse de l’éducation juive en France, le lectorat ne se renouvelle pas. La Bibliothèque développe le fonds en français, alors que son fonds yiddish attire, en plus du public traditionnel en diminution, davantage d’étudiants et de chercheurs.

Depuis la fin des années 1970, on constate un regain d’intérêt pour la langue et la culture yiddish de la part d’un public dont ce n’est pas la langue maternelle. L’enseignement du yiddish se développe.

En 1979, les dirigeants de la Bibliothèque décident de créer une association de loi de 1901, l’Association Bibliothèque Medem, afin que la Bibliothèque puisse poursuivre sa mission culturelle de manière autonome par rapport au Cercle amical, plutôt impliqué dans les questions politiques. Cette même année, la Bibliothèque améliore le catalogage des livres, avec la création d’une cartothèque proposant un double classement, alphabétique et thématique.

Enrichissement des collections

L’enrichissement des collections s’est de tout temps effectué, en sus de l’achat de livres, par l’intégration de documents offerts par des particuliers ou des institutions.

Dès sa création, la Bibliothèque a bénéficié de dons importants : l’écrivain Sholem Ash offre deux cents livres ; Borekh Vladek, journaliste et activiste bundiste, envoie cent soixante livres de New York.

Au début des années 1930, le syndicat des casquettiers cède sa bibliothèque de huit cents volumes. À la Libération, le Yidisher arbeter-komitet américain expédie 2 000 livres.

En 1993, l’Union des Juifs pour la résistance et l’entraide (U.J.R.E.), la grande organisation juive communiste de l’après-guerre, cède la majeure partie de son fonds yiddish, soit 6 000 volumes. La même année, 3 000 volumes de la bibliothèque privée Kouliche sont également intégrés. En 1997, la Bibliothèque accueille le fonds yiddish de la Fédération des sociétés juives de France (6 000 ouvrages) et du Foyer ouvrier juif (2 000 ouvrages), puis le fonds Fraenkel, provenant de la librairie-bibliothèque que Betsalel Frenkel avait tenue au début du siècle à Jaffa (Palestine) et Alexandrie (Egypte). En 1999, les archives des journaux yiddish de Paris Undzer vort et Undzer veg sont venues enrichir le fonds, ainsi qu’une collection de partitions provenant de la Chorale populaire juive. 

La Bibliothèque Medem : médiathèque de la Maison de la culture yiddish

La Bibliothèque Medem et l’Association pour l’étude et la diffusion de la culture yiddish (AEDCY) ont créé en octobre 2002 la Maison de la culture yiddish afin de constituer le principal pôle de conservation et de diffusion de la culture yiddish en Europe. Ses principales missions sont :

– la conservation du patrimoine yiddish et des collections exceptionnelles de la bibliothèque Medem,

– l’enseignement du yiddish, par des cours et des ateliers de pratique culturelle,

– la diffusion des savoirs, grâce à l’édition d’ouvrages didactiques et de recueils de textes en yiddish,

– la promotion d’une culture vivante, par la programmation de récitals de chanteurs yiddish, de projections, de pièces de théâtre en yiddish, de lectures de textes et de conférences.

 

Dans le domaine de la conservation, la Bibliothèque Medem travaille au catalogage informatique de ses collections. Ce catalogage est effectué en concertation avec la bibliothèque de l’Alliance israélite universelle.

La numérisation des documents sonores (78 tours, 33 tours, cassettes de musique yiddish) est en passe d’être terminée.

À l’automne 2003, l’AEDCY et la bibliothèque Medem ont fusionné pour ne former plus qu’une association : la Maison de la culture yiddish-Bibliothèque Medem, afin de constituer le centre de conservation et de diffusion le plus important d’Europe.

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