|
 |
 |
Les paradoxes de l'engagement :
Haïm Slovès
(Bialystok, 19 juin 1905 - Paris, 8 septembre 1988)

Haïm Slovès, dramaturge, publiciste, avocat juif communiste, est un exemple de ces acteurs du monde yiddishophone dont la vie et l'uvre sont animées de paradoxes. Communiste convaincu, il ne cessera, sa vie durant de développer une activité intellectuelle militante. Son théâtre fut édité et joué exclusivement par des organisations de la sphère communiste. Profondément attaché au destin juif, il souhaite participer, par son uvre théâtrale à l'émergence d'une culture juive moderne, "progressiste" selon le vocabulaire consacré, héritière et continuatrice de la culture juive traditionnelle. Lorsque la culture yiddish est persécutée en Union soviétique, il est amené à réagir non en s'opposant, mais en tentant d'instaurer un dialogue avec les dirigeants soviétiques.
Fils d'un ouvrier tanneur, Haïm Slovès est né à Bialystok, une des villes de l'Empire russe à plus forte concentration juive. Dans cette ville déjà largement gagnée à la modernité, il suit l'enseignement d'un Heder réformé, dans lequel, en plus de l'instruction religieuse abordée de manière moderne, étaient enseignés l'hébreu en tant que langue vivante et des matières d'enseignement général. A l'âge de neuf ans, il fréquente une école de langue russe qui, dès l'occupation de Bialystok en 1915, devient une école de langue allemande. A partir de février 1916, il fait partie de la première promotion d'élèves de l'école primaire laïque yiddish de Bialystok, créée par l'organisation Yugnt-fareyn (Union de la jeunesse). Il la quitte en 1919. Bialystok n'a pas encore de lycée yiddish. Il suit un séminaire de formation pour enseignants, s'initie au théâtre au sein d'une troupe étudiante dont il est le co-fondateur, le Fareyn fun yugnt-libhober der kunst (Union des jeunes amateurs d'art). Il rêve d'être acteur ou chanteur d'opéra.
En juillet 1920, l'armée Rouge occupe Bialystok et s'en fait déloger un mois plus tard. Haïm Slovès est pour la première fois en contact direct avec la Révolution bolchévique. Il intègre les Komsomols (Jeunesses communistes), suit l'Armée rouge dans son retrait, est à Moscou en octobre 1920 lors du troisième congrès des Komsomols, et entend le discours que Lénine prononce à cette occasion. Cette expérience marque profondément et durablement le jeune homme et guidera son engagement politique durant toute sa vie.
Il rentre ensuite à Bialystok et participe aux activités illégales de la jeunesse communiste. Il est emprisonné plusieurs fois.
De passage à Varsovie en 1926, il quitte la Pologne la même année, principalement pour des raisons politiques, et gagne Paris. De 1927 à 1929, il fréquente le lycée Charlemagne, passe son baccalauréat, puis suit des études de droit à la Sorbonne. Il obtient une licence de droit en 1932, une maîtrise d'économie politique et une maîtrise de droit public en 1933, et soutient son doctorat en 1935. Il finance ses études en travaillant comme clerc chez un avoué, et donne des leçons de français et d'économie dans le cadre de l'université populaire fondée par le mouvement juif communiste. Au cours des années 1930, il écrit cinq pièces de théâtre en français et une en yiddish, toutes restées à l'état de manuscrit.
En 1935, il publie deux livres en français. Le premier est le texte de sa thèse, le second, plus général, préfacé par Henri Torrès, alors député communiste, s'intitule La France et l'Union soviétique. Ce dernier ouvrage donne lieu à de nombreuses recensions dans la presse. En moins de dix ans, Henri Slovès est parvenu à s'intégrer à la société française, accédant même à une certaine notoriété auprès des milieux intellectuels. Membre du parti communiste français depuis 1929, il aurait pu y faire une belle carrière comme nombre d'autres immigrés. Pourtant, vraisemblablement sous la pression de la montée du nazisme en Allemagne, Henri Slovès joue, à partir de 1936, un rôle de premier plan dans les milieux yiddishophones en France. Il tentera tout au long de sa vie, tant par ses essais que par son uvre dramatique, d'opérer une synthèse entre la culture yiddish en tant que culture juive et ses convictions révolutionnaires. Il cite pour s'en expliquer le mot d'ordre lancé au début du siècle en Pologne par l'écrivain yiddish Y.-L. Peretz : Lomir neviim, firer vern (Nous, les prophètes, montrons le chemin). C'est pourquoi son activité dans le mouvement communiste s'est limitée - exception faite de la période de l'Occupation - à la sphère culturelle, mais en liaison permanente avec le politique.
Le congrès mondial pour la culture yiddish
Henri Slovès était avant tout un intellectuel. A ce titre, il est coopté en 1936 au poste de secrétaire du comité préparatoire du Alveltlekher yidisher kultur-kongres (Congrès mondial de la culture juive). Il est ensuite secrétaire du congrès qui se tient à Paris du 17 au 21 septembre 1937. Le congrès, au cours duquel fut créé l'Alveltlekher Yidisher Kultur-Farband (Union mondiale pour la culture yiddish, plus connu sous les initiales de Ykuf), pro-communiste, se propose de faire le point sur l'état de la culture yiddish dans le monde, près de trente ans après la conférence de Czernowitz, dans le contexte dramatique de la montée du nazisme. Haïm Slovès prononce l'allocution inaugurale le 17 septembre 1937 à la salle Wagram, devant un parterre de quatre mille délégués venus de vingt-deux pays. Il participera dès lors activement aux initiatives du Ykuf. En 1938, il accompagne le célèbre romancier yiddish installé aux Etats-Unis Yoysef Opatoshu dans une tournée des communautés juives des pays baltes afin de faire connaître le Ykuf, et au printemps 1939, le même objectif le mène en Belgique, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Il collabore dès sa création en 1938 à la revue littéraire et de société Yidishe kultur (Culture juive) publiée à New York par le Ykuf.
A l'annonce de la signature du pacte germano-soviétique, le 23 août 1939, Haïm Slovès suit la ligne générale du parti communiste : l'approbation. Après la déclaration de guerre, alors que sa femme et son fils gagnent Vichy, il reste à Paris en attendant son ordre de mobilisation. Il travaille sur une première version de la pièce en yiddish qui deviendra plus tard son grand succès, Homens mapole (La triste fin d'Aman-le-terrible). La pièce reprend la structure traditionnelle du Purim-shpil (pièce de théâtre jouée à l'occasion de la fête de Purim). Le personnage biblique d'Haman, grand ennemi des Juifs, y symbolise Hitler.
L'armistice est signé avant que Slovès ne soit mobilisé. La veille de l'occupation de Paris, il adresse le texte de sa pièce à New York au critique de théâtre Naftole Bukhvald. Il quitte Paris. Son expérience de l'exode lui inspire une autre pièce, en français, Sur les routes de France. Il rejoint son épouse et son fils à Vichy, y séjourne jusqu'en avril 1941 et s'installe ensuite à Saint-Didier, dans la banlieue lyonnaise, où il restera jusqu'à la fin de la guerre. Il participe aux activités du Secours populaire, un réseau de résistance communiste. Son domicile est le lieu de réunion des rédacteurs de la presse clandestine juive de zone libre. Le groupe, constitué outre Slovès d'Adam Rayski, de H. Yacobi et de I. Spero édite plusieurs publications clandestines : en 1941 paraissent les titres Undzer Vort (Notre parole) en yiddish et Notre parole en français. A partir de 1942, ils éditent Notre voix et Droit et Liberté, organe de l'UJRE. En 1943, les diverses organisations clandestines de zone libre se regroupent au sein du Comité Général de Défense. Aux côtés de Léo Glaeser pour la Fédération des Sociétés Juives de France, et de H. Yacobi et Jacques Ravine pour la tendance communiste, Haïm Slovès participe à nouveau à la rédaction des parutions clandestines : Notre combat en français et Undzer kampf (Notre combat) en yiddish. L'Occupation lui inspire une pièce de théâtre, Di gele late (L'étoile jaune).
Slovès regagne Paris à la Libération. En janvier 1945 est fondé à Paris le Farband fun yidishe kultur-gezelshaftn (Union des associations culturelles yiddish) qui regroupe la plupart des organisations yiddish. En 1945-46, il est l'un des rédacteurs de la revue Parizer shriftn (Ecrits parisiens) éditée par cette institution. Mais la guerre froide a tôt fait de mettre en péril les entreprises communes et, à partir de 1947, les activités de Haïm Slovès seront plus que jamais liées aux organisations juives communistes, l'UJRE et l'Union des Sociétés Juives de France. A partir de 1946, il exerce la profession de conseiller juridique et s'inscrit à la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD) en tant qu'auteur dramatique. En 1947-1948, il collabore au mensuel Oyfsnay. Poursuivant son travail de dramaturge, il écrit Nekome-nemer (Les Vengeurs), une pièce qui traite de la résistance des Juifs en France, durant l'Occupation nazie.
La conférence culturelle européenne
Du 9 au 13 juillet 1948, il est l'un des organisateurs de l'Eyropeishe kultur-konferents (Conférence culturelle européenne). Dans le contexte de la guerre froide, la conférence de Paris réunit des délégations communistes de l'Europe entière, mais aussi d'autres organisations de gauche, soit co-organisatrices comme le Yidisher arbeter-heym (Foyer ouvrier juif) de tendance Poaley-Tsion de gauche, ou en tant qu'observateurs, comme la Fédération des Sociétés Juives de France et les Poaley-Tsionistes de droite. Haïm Slovès prononce l'allocution inaugurale. La conférence proclame la tradition juive millénaire comme source d'une culture juive moderne abordée de manière progressiste, et appelle, quelques mois après la création de l'Etat d'Israël, à un épanouissement parallèle et un enrichissement mutuel des cultures yiddish et hébraïques.
Dans cet esprit d'adaptation de la culture juive traditionnelle à l'idéal communiste, Slovès écrit la pièce Di yoynes un der valfish (Les Jonas et la baleine) dans laquelle il veut "opérer la synthèse entre un contenu neuf, moderne, et une forme archaïque juive rénovée, et réhausser le tout d'une authentique touche de culture populaire."
L'ébranlement idéologique
Les années 1950 représentent pour Haïm Slovès, comme pour bon nombre de communistes yiddishophones, la décennie de l'ébranlement. Pour celui qui, comme des milliers d'autres, pleure à l'annonce de la mort de Staline, la découverte de la liquidation de la culture yiddish en URSS qui s'opéra entre 1948 et 1952 est une réalité impossible à admettre. A partir de 1949, les persécutions antijuives en URSS commencent à émouvoir le monde juif. On s'interroge sur la dissolution du Comité antifasciste juif de Moscou, principale organisation d'intellectuels juifs d'URSS, sur la disparition du journal en yiddish Eynikayt. Plus tard, on cherche à savoir ce que sont devenus les écrivains Dovid Bergelson, Peretz Markish, Der Nister et tant d'autres. A Paris, les quotidiens Undzer vort (Notre parole, poaley-tsion de droite) et Undzer stime (Notre voix, bundiste) se font les porte-parole de ces interrogations. L'UJRE, notamment dans son organe la Naye Prese, continue envers et contre tous à affirmer publiquement qu'il n'y a aucun anti-judaïsme en URSS. Début 1956, des détails précis parviennent en occident concernant le procès des intellectuels yiddish et la liquidation du 12 août 1952. Il faudra attendre le fameux discours de Nikita Krouchtchev au 20e congrès du Parti Communiste d'Union soviétique dénonçant les crimes staliniens en général en février 1956 et, pour la culture yiddish, un éditorial dans le journal yiddish de Varsovie Folks-shtime (La voie du peuple) en date du 4 avril 1956, pour que l'U.J.R.E. commence à changer d'attitude. Nombreux sont ceux qui rompent alors avec le parti communiste. Slovès réagit immédiatement par un article qui se veut auto-critique. Il y écrit notamment :
"Jusqu'où sont allés, jusqu'où ont été capables d'aller notre foi et notre confiance ? Jusqu'à l'infini, jusqu'au reniement de soi, jusqu'au sacrifice de soi."
Mais la confiance excessive en la patrie du communisme n'explique pas tout de l'aveuglement. Les années 1950 sont aussi celles de la guerre froide. Il fallait choisir un camp, et Slovès comme tant d'autres avait la sensation qu'émettre la moindre critique à l'égard de l'Union Soviétique revenait à jouer le jeu des Etats-Unis, l'ennemi par excellence. Dans le même article, Slovès déclare : "Nous prîmes sur nous d'accomplir la difficile, la tragique mitsvah du silence public." Et il conclut par une déclaration d'intention :
"Nous devons nous déshabituer de la pensée dogmatique et réapprendre à penser sur la base et en fonction de la réalité (...). Cela facilitera peut-être aussi la recherche d'une langue commune avec la grande majorité des écrivains et des autres intervenants de la culture yiddish, qui cherchent, tout comme nous, après tant de sang innocent versé, à en finir avec cette guerre civile insensée qui régit de nos jours notre littérature."
Dans son uvre théâtrale, il développe alors ces idées ainsi que la thématique de la mise à l'index pour opinions divergentes : l'excommunication dont fut l'objet le philosophe juif hollandais Barukh Spinoza sert de cadre à la pièce Borukh fun Amsterdam (Veilleur d'aube ou Barukh d'Amsterdam). Quelques années plus tard, il traite la thématique de l'aveuglement dans la pièce Di milkhome fun got (La guerre de Dieu), lecture moderne du mouvement messianique qui prit corps au XVIIe siècle autour du personnage de Sabbataï Tsvi.
Si Slovès a opté pour le silence public, il a amorcé dès 1955 une action confidentielle au sein du Parti Communiste Français. Le 5 février 1955, il adresse un premier mémorandum au Parti concernant la question de la culture yiddish en Union soviétique et le sort des écrivains yiddish. Il s'y étonne notamment de ce que ceux-ci ne furent pas représentés au congrès de l'Union des écrivains soviétiques qui se tint à Moscou fin 1954. Cette première démarche reste sans réponse. Le 20 mars 1957, il adresse une seconde requête, à l'attention du premier secrétaire, Maurice Thorez, rappelant sa démarche précédente et demandant pourquoi, malgré la fin de la période stalinienne, la culture yiddish est toujours négligée en Union soviétique. Il rencontre Maurice Thorez le 26 septembre 1957. Celui-ci lui propose de faire partie d''une délégation envoyée à Moscou pour discuter de la question. La délégation part pour Moscou le 3 mars 1958. Elle est reçue par Danilov, vice-ministre des Affaires Etrangères, et parvient, après maints efforts, à rencontrer des écrivains yiddish survivants. Le retour à Paris donne lieu à un rapport écrit officiel très édulcoré adressé conjointement par les trois membres de la délégation au Comité Central. Le 6 mai 1958, Slovès adresse à Maurice Thorez une lettre dont il est le seul signataire visant à nuancer le rapport officiel : il y stigmatise la discrimination dont fait encore l'objet la culture yiddish et tente de prouver pourquoi, à son sens, la théorie officielle justifiant la disparition de la culture yiddish par son assimilation à la culture soviétique ne repose sur aucune réalité. Slovès ne cessera ensuite de défendre la cause de la culture yiddish auprès des instances communistes, tant françaises que soviétiques.
Le 16 janvier 1959, il adresse une nouvelle lettre à Maurice Thorez concernant la célébration du 100e anniversaire de la naissance de l'écrivain yiddish Sholem-Aleykhem. Il sera désigné comme président du comité français pour cette célébration, qui donne lieu à une série de manifestations en mai 1959 au siège de l'Unesco. Le 19 février 1960, toujours concernant la situation de la culture yiddish en Union soviétique, il adresse une lettre à Krouchtchev par l'intermédiaire de l'ambassade d'URSS à Paris, qui ne recevra aucune réponse.
Mais dès 1959, las d'attendre une renaissance qu'on lui promet mais qui n'arrive pas, Slovès a déjà infléchi son attitude. Plutôt que de privilégier l'action discrète au sein des instances communistes, il publie en février un texte intitulé Vegn der yidisher kultur in Ratn-farband (De la culture yiddish en Union soviétique), dans lequel il exprime, publiquement cette fois, son désaccord avec la thèse de la dissolution de la culture juive dans la grande culture soviétique, et affirme sa conviction que l'Union soviétique ne bougera que sous l'action de requêtes venues d'amis et non de critiques issues d'ennemis. Il met également en évidence les paradoxes contenus dans l'attitude du mouvement "progressiste" (comprendre : communiste) à l'égard de la culture juive :
"On ne peut soutenir une culture juive progressiste si l'on admet que le caractère juif particulier - dans la langue et dans l'écriture - forme un obstacle sur la route du socialisme et que seule une intégration avancée constitue un progrès. Si l'on considère le yiddish comme la langue du ghetto, comment lutter sincèrement et honnêtement pour l'honneur et les droits de la culture juive ? On doit proclamer le droit absolu et indiscutable de parler le yiddish. Chaque juif doit pouvoir s'orienter selon ses propres vues et en accord selon les traditions culturelles juives historiques. Enfin, le camp progressiste juif a non seulement le droit mais le devoir de porter la responsabilité des traditions culturelles, de la continuation de la chaîne d'or qui va des Prophètes aux grands maîtres de la langue moderne."
La publication de l'article provoqua une mise à distance raisonnable de Slovès de la part de l'UJRE et du PCF. Il n'est pas exclu, il ne démissionne pas contrairement à tant d'autres Juifs, mais ses collaborations à la revue Parizer Tsaytshrift cessent.
La ligne politique de la revue new-yorkaise Yidishe kultur - un attachement déclaré au communisme et à l'Union soviétique assorti d'un certain sens critique - lui correspond davantage, et il ne cessera, jusqu'à sa mort, de compter parmi ses collaborateurs.
Quant au dialogue avec des yiddishistes d'autres tendances, Slovès l'a bel et bien tenté. En 1960, des réunions préparatoires, auxquelles Slovès et d'autres intellectuels proches de l'UJRE participent, ont pour but la création de la yidishe algemeyne kultur-gezelshaft in Frankraykh (Association générale pour la culture yiddish en France). Cette institution doit regrouper des intellectuels de toutes tendances, afin d'envisager une action commune face au retrait qu'enregistre de manière continue la culture yiddish. Mais le Parti Communiste coupe court au projet. Roland Leroy convoque les écrivains communistes impliqués dans le projet pour leur préciser que toute collaboration avec des forces réactionnaires est exclue.
Par la suite, Haïm Slovès analyse la légère amélioration de la situation de la langue yiddish en Union soviétique, qui se caractérise par la création en 1962 de la revue Sovetish Heymland (La patrie soviétique), comme l'heureux résultat de ses interventions et de celles d'autres amis de l'URSS.
La révolte du ghetto de Varsovie d'avril 1943 lui inspire en 1964 la pièce Tsen brider zaynen mir geven (Tu lèveras ton front ou Le grand conteste). En 1970, sous le choc du printemps de Prague, il achève la pièce Di getlekhe fayl (La flèche de Dieu).
Après la guerre des six jours de juin 1967, Haïm Slovès continue d'assurer l'Etat d'Israël de son soutien, contrairement à nombre de communistes. Le 15 novembre 1967, lors d'un débat à l'hôtel moderne intitulé "Les voix de la paix au Moyen-Orient", il prend clairement parti pour Israël. Cet attachement ne se démentira pas par la suite, et, à la fin de sa vie, il ne cessera de former des vux pour la paix au Moyen-Orient.
Les vingt dernières années de sa vie seront plus que jamais celles de l'examen de conscience. Son réalisme à l'égard de l'Union soviétique est alors total et c'est dans cet esprit qu'il écrit un livre sans concession retraçant l'histoire du Birobidjan juif, territoire de l'extrême orient soviétique décrété province autonome juive en 1934. Il est le premier à faire le point sur le sujet. Dans ce livre, qui reste jusqu'à présent un ouvrage de référence, perce la conviction profonde de Haïm Slovès qu'il aurait pu en être autrement des espoirs nés de la révolution d'octobre, tant pour le peuple juif que pour l'humanité tout entière. Outre divers articles pour Yidishe kultur, sa dernière publication sera A shlikhes in Moskve (Mission à Moscou). Veuf depuis novembre 1980, malade durant les dernières années de sa vie, il meurt à Paris le 8 septembre 1988.
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
|
|