De gauche à droite Mendele, Sholem Aleykhem, Ben-Ami et Bialik en Suisse

Sholem-Aleykhem
(Pseudonyme de Sholem Rabinovitch)
(1859-1916)
Sholem-Aleykhem, né à Pereyeslav en Ukraine, mort en 1916 à New York, est l'écrivain le plus lu, le plus aimé et probalement le plus original de la littérature yiddish.

Auteur extrêmement fécond et divers, il campe dans des monologues inoubliables les personnages les plus caractéristiques du monde semi-rural juif de la fin du siècle dernier : Tevye der milkhiker (Tévié le laitier; 1984-1916), qui incarne la sagesse et les ressources de l'auto-ironie face aux souffrances et aux vicissitudes de la vie; Menakhem Mendl (1892-1913) qui, par son échange épistolaire avec sa femme Sheyne-Sheyndl, devint le prototype du lufmentsh, cet homme acculé à vivre d'expédients, d'espoir et de l'air du temps; Motl Peysi dem 'hazns (Motel Peysi fils du chantre; 1914), le garçonnet qui trompe la misère matérielle et la détresse morale par l'inventivité et la fraîcheur de l'enfance.

Sur la trentaine de volumes que comporte son oeuvre on peut citer, entre autres, Komivoïajorn, (Commis-voyageurs), Blondjende shtern, (Etoiles vagabondes), Funem yarid, (Retour de la foire), Mayses far yidiche kinder, (Histoires pour enfants juifs), Fun Karsilevke, (La ville de Karsilevké).

La marque caractéristique de cette oeuvre est un humour empreint de tendresse, profondément enraciné dans la sensibilité et le parler du peuple que Sholem-Aleykhem réussit à styliser avec un rare bonheur, jouant sur le trilinguisme juif (ici yiddish, hébreu et slave), mêlant avec une liberté débridée les textes sacrés et les dictons populaire.

 

 

Mendele-Moykher-Sforim
(Pseudonyme de Sholem Yankev Abramovitch)
(1836-1917)

Mendele-Moykher-Sforim, Mendelé le colporteur de livres (1836-1917), l'un des trois classiques de la littérature yiddish, avec I. L. Peretz et Sholem-Aleykhem, fut, au début de sa carrière, un des porte-parole de la Haskala (Lumières juives).

Ses oeuvres (romans, nouvelles, pièces de théâtre), parues en feuilletons dans les revues hébraïques et yiddish, mettent en scène les milieux les plus divers de la société juive de l'époque. Il avait acquis une profonde connaissance de cette société au cours d'un périple qu'il fit à dix-sept ans en compagnie d'un personnage haut en couleurs, Avrémélé le boiteux, charlatan et mendiant, qui l'entraîna pendant toute une année dans sa vie errante et qui servit de prototype à son Fichke der Krumer (Fichké le boiteux).

Ses oeuvres les plus célèbres : Dos kleyne mentchele, (Le petit Homme), Dos Vintshfingerl, (L'anneau magique), le roman autobiographique Shloyme Reb Khayms, les pièces de théâtre, Di takse (La dîme), (La conscription), révèlent un écrivain conscient de son art, possédant une rare maîtrise de la langue, un sens profond de la satire sociale et psychologique ainsi qu'une grande sensibilité aux beautés de la nature qu'il fut le premier à introduire dans la littérature yiddish.

Yitzkhok-Leybush Peretz
(1852-1915)

Yitzkhok-Leybush Peretz, né à Zamosc (Pologne) en 1852, est mort à Varsovie en 1915, fut des trois auteurs classiques yiddish le plus sensible aux influences européennes auxquelles Varsovie, sa ville d'adoption, était largement ouverte.

Tempérament inquiet, passionné, novateur, il ne cessa d'expérimenter dans les différents genres littéraires dans lesquels il s'illustra. C'est en tant qu'essayiste, conteur et dramaturge que sa contribution fut la plus importante.

Son humanisme et sa générosité le portèrent tout d'abord vers les courants socialistes qui se faisaient jour alors, puis vers un romantisme national qui en fit un des animateurs du yiddishisme exprimé par la conférence de Tchernovitz (1908). Mais, avec une lucidité étonnante, il perçut les limites des diverses idéologies pour résoudre les problèmes de la judaïcité de son époque. C'est finalement dans les valeurs incarnées par le 'hassidisme qui, selon lui, exprimait ce qu'il y avait de plus noble et de plus proche de l'âme du peuple, qu'il voyait une source de vie et de régénération spirituelle, tout en sachant l'impossibilité radicale de ce retour. Ainsi naquit le néo-'hassidisme, plus éthique que religieux, et dont l'influence est loin d'être tarie dans la pensée et l'écriture juives actuelles.

L'oeuvre de Peretz tire sa richesse de ces contradictions mêmes qui marquent ses Folkstimlekhe geshikhtn, (Contes populaires), 1909, ses Khsidicsh, (Contes 'hassidiques), 1908 ; ainsi que ses drames lyriques, In poylish oyf der keyt (L'enchaîné) ; Die Goldene keyt (La chaîne d'or), 1909, Bay nakht oyfn altn mark, (La nuit sur le vieux marché), 1907.